Disilicate de lithium ou zircone : quel matériau choisir ?
Le choix entre disilicate de lithium et zircone dépend de l’indication, de l’espace disponible, du substrat, des contraintes mécaniques et du protocole d’assemblage.
Le disilicate de lithium et la zircone ne sont pas deux réponses interchangeables. Le bon choix commence par l’indication clinique, puis tient compte de l’espace prothétique, du substrat, de la portée, des charges, de l’objectif optique et du protocole d’assemblage réellement applicable.
Ce qui distingue les deux familles
Le disilicate de lithium est une vitrocéramique disponible en plusieurs niveaux de translucidité et d’opacité. Il permet un contrôle optique fin, mais le résultat dépend fortement de l’épaisseur, du support et du respect du protocole de collage ou de scellement validé par le fabricant.
La zircone est une famille de céramiques polycristallines. Ses propriétés changent selon sa composition : les zircones les plus résistantes sont généralement moins translucides, tandis que les variantes plus translucides offrent un meilleur potentiel esthétique avec une ténacité moindre. Il ne suffit donc pas d’écrire « zircone » sur la prescription.
Quand le disilicate de lithium est-il pertinent ?
- Facette, inlay, onlay ou couronne unitaire avec forte exigence esthétique.
- Situation où la translucidité, la lumière et l’intégration au reste de la denture sont prioritaires.
- Préparation compatible avec l’épaisseur minimale et le protocole d’assemblage du système retenu.
- Substrat dont la couleur est connue afin de choisir entre une version translucide ou plus masquante.
Quand la zircone est-elle pertinente ?
- Couronne postérieure, bridge ou situation implantaire soumise à des contraintes mécaniques plus importantes.
- Besoin d’une infrastructure résistante, avec un niveau de translucidité choisi selon le secteur et la portée.
- Cas où la restauration doit rester majoritairement monolithique pour limiter les interfaces cosmétiques.
- Situation nécessitant un masquage ou une stratégie structurelle que le laboratoire doit valider avant la conception.
Les critères qui doivent être transmis au laboratoire
- Type de restauration et nombre d’éléments.
- Localisation antérieure ou postérieure et niveau d’exigence esthétique.
- Épaisseur réellement disponible, forme de préparation et lisibilité des limites.
- Couleur du substrat, du faux-moignon ou du pilier implantaire.
- Parafonction, schéma occlusal et contraintes particulières.
- Mode d’assemblage prévu et protocole du fabricant disponible au cabinet.
La règle ISDL
On ne choisit pas un matériau uniquement parce qu’il est réputé « esthétique » ou « résistant ». On choisit un système complet : matériau, épaisseur, design, support, finition et assemblage. En cas de doute, le laboratoire doit recevoir le dossier avant de figer la prescription afin de confronter l’objectif clinique aux possibilités de fabrication.
Références utiles
- Manuel Dentiste ISDL, Volume 05 – Choisir le matériau d’infrastructure.
- Clinical performance of lithium disilicate and zirconia CAD/CAM crowns: systematic review.
- Documentation officielle IPS e.max CAD.
Les indications, épaisseurs et protocoles du fabricant retenu prévalent toujours. La décision finale reste clinique et doit être adaptée au patient.
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